Sa naissance

Depuis mes 4 mois de grossesse j’ai régulièrement des contractions, je sais donc à quoi cela ressemble.

Jeudi 13 juin, 36sa+4, RDV sage femme pour monito et pré admission à la maternité. Au monito 2 belles contractions en 20min. La sage femme me demande si je les ai senti, je lui dis que oui mais non douloureuses et que depuis 2/3 jours, le soir j’ai des contractions régulières toutes les 10min mais non douloureuses. Je remarque quand même que par rapport à d’habitude, mes contractions sont différentes, elles durent plus longtemps et m’arrêtent dans mon activité. Elle décide de m’ausculter par précaution mais col toujours fermé. Je repars donc et les 2 jours qui suivent sont identiques.

Mon mari, travaille pour lui et a une activité très saisonnière, mai/juin est sa pire période et je ne devais surtout pas accoucher ce week end là…

Samedi 15 juin, je vais aux toilettes, je remarque dans mon protège slip une glaire visqueuse (désolée du détail) qui ressemble à celle qu’on peut avoir lorsqu’on ovule. Je pense que je commence à perdre le bouchon muqueux mais je sais aussi que cela ne veut rien dire. Pour mon premier, je l’ai perdu lors de ma menace d’accouchement à 33sa et j’ai finalement accouchée à 39sa mais pour le coup on avait stoppé le travail avec des médicaments.

Je continue ma journée normalement. Le soir, je me sens particulièrement épuisée. Mon mari rentre, il a une grosse journée le lendemain, cette perte de bouchon muqueux le stresse. Je vais au toilette avant de me coucher, je perds à nouveau des glaires mêlées de sang, aucun doute, j’ai perdu le bouchon muqueux.

On se couche. Vers 3h du matin, je sens énormément de liquide couler d’un coup. La sensation d’un flot qui s’écoule d’un coup de mon vagin. Je fais un bond dans le lit. Je sais que j’ai perdu les eaux. Je les avais également perdu dans mon lit pour mon premier. Mon mari se réveille, on s’active et je lui dis « je suis désolée, je sais que c’est pas le bon moment pour toi », c’est bête, je n’y suis pour rien et il le sait mais je lui le dis quand même. Puis monte une terrible angoisse. Je revois la naissance catastrophique de mon premier qui est né en état de mort apparente, suite à une infection attrapée pendant le travail, suite à rupture de la poche des eaux.

Je ne voulais surtout surtout pas revivre ce scénario. Je voulais un travail qui démarre par des contractions, je voulais rester le plus longtemps possible à la maison, je ne voulais pas partir vite à la mater…bref je ne voulais pas commencer par rompre la poche d’autant que cette fois je sais que je suis positive au strepto b.

J’appelle ma mère pour qu’elle vienne dormir à la maison avec notre fils de 3 ans et je pleure, je pleure, je lui dis que mon accouchement démarre comme pour mon premier, que j’ai peur de revivre ce cauchemar…etc Elle essaie de me rassurer.

On prépare les dernières affaires, ma mère arrive et je commence à ressentir des contractions douloureuses. Très supportables mais je sais que le travail se met en route. Je suis contente car un déclenchement n’est pas possible pour moi suite à mon antécédent de césarienne et un travail naturel c’est toujours mieux. J’ai l’espoir d’accoucher voix basse.

On arrive à la clinique, on m’ausculte, col ouvert à 1cm puis on me met sous monito. La sage femme n’est pas très agréable…le service est plein à craquer (comme pour mon premier!) Il y a des accouchements de partout et je pense que ma présence l’ennuie clairement. Le monito n’est pas très oscillant (je suis devenue une experte vu mes péripéties de fin de grossesse et la surveillance régulière), je lui propose donc de me mettre sur le côté pour que ce soit mieux. Elle me répond très sèchement qu’un monito doit être bon peu importe la position! On m’avait pourtant dit que le bébé était mieux oxygéné et préférait souvent quand on se mettait sur le côté notamment gauche et ça se confirmait sur mes monitos. Je me dis qu’on a pas de bol mais heureusement la nuit va se terminer et les équipes vont tourner. Nous lui faisons part de nos inquiétudes liées à mon premier accouchement, elle ne nous montre aucune empathie.

On me met la perf d’antibio, au passage elle me fait très mal en la posant.

L’antibio terminé, on m’amène dans une chambre et on me débranche le monito. Celui-ci n’était pourtant pas terrible car peu oscillant et a déjà montré des petits ralentissements cardiaques lors des contractions mais cela n’inquiète pas la sage femme…

Moi et mon mari sommes très stressés et nous n’avons aucune considération…

Je commence à bien sentir les contractions, je souffle entre 2. Je prends une douche. 1h30/2h passent et on me remet sous monito. L’équipe a changée, je tombe sur une sage femme très agréable et qui a lu notre dossier et comprend notre stress.

Les contractions deviennent très douloureuses et sont régulières, toutes les 5min environ. C’est difficile pour moi car je suis allongée et je ne peux pas bouger car toujours sous monito. Les ralentissements cardiaques de la petite sont toujours présents. Parfois des ralentissements vraiment importants. La sage femme vient, sens notre inquiétude, décide d’appeler le gynéco de garde.

Celui ci est très humain, nous dit avoir bien lu notre dossier, comprend tout à fait notre stress et nous promet qu’il ne prendra aucun risque, qu’au moindre doute ce sera césarienne mais que pour le moment les ralentissements ne sont pas inquiétants.

On est rassurés car on se sent pris en charge mais le monito reste stressant.

La sage femme repasse nous voir au bout de 15/20 min car elle a constaté des ralentissements. A ce moment, viens une belle contraction et là le coeur de bébé ralentit, ralentit, ralentit…je commence à ne plus supporter les contractions, ça devient intenable. En voyant ce ralentissement, la sage femme nous dit « bon ben on dirait que bébé nous dit de partir en césarienne car là le ralentissement était important ». Elle m’ausculte, col effacé et dilaté à 2cm. Je réponds  » c’est tout?! ». Elle me dit que c’est super, que le travail avance bien, qu’à mon arrivée, le col n’était même pas effacé et que c’est une belle progression! Euh moi je me dis surtout que je douille déjà depuis quelques heures et que je ne vais pas tenir longtemps!

Elle nous dit qu’elle va demander un avis au gynéco à savoir si on me passe en salle d’accouchement pour tenter une perf d’ocytocine afin d’accélérer le travail ou si on part en césarienne directement vu les ralentissements.

On attend au moins 20 min, pendant ce temps plusieurs ralentissements. Mon mari et moi sommes persuadés qu’on va m’amener directement au bloc pour une césarienne vu le monito et l’attente…mais non la sage femme revient et nous dit qu’on part en salle d’accouchement. Je suis sceptique…mais heureuse de pouvoir avoir enfin la péridurale.

Nous arrivons dans la même salle d’accouchement que pour mon premier, décidément on a l’impression de tout revivre…

L’anesthésiste arrive, me pose la péri, ça va déjà beaucoup mieux même si je sens toujours des contractions douloureuses.

Des ralentissements encore et toujours pendant les contractions…Ça me stresse. Pour mon premier c’était exactement pareil. Un monito pas terrible mais pas alarmant non plus et au final on a failli le perdre. La sage femme m’ausculte, je suis à 4cm, elle installe la perf d’ocytocine. Je décide de l’interpeller et lui confie nos angoisses liés au monito, je lui dis qu’elle peut regarder le dossier de mon premier et que typiquement c’est la même chose. Le dossier de mon premier est archivé mais elle nous entend et nous dit que c’est bien de le lui avoir dit. Elle va en faire part au gynéco. Elle s’absente 5 min pour l’appeler et revient en disant qu’on part en césarienne. Le gynéco nous a promis aucun risque et entend nos angoisses donc on part en césarienne.

Là je m’effondre littéralement car je me reprends tout le traumatisme de mon premier accouchement en pleine figure. Dans quelques minutes, ma fille va naître. Va t’elle crier en sortant de mon ventre? Va t’elle être réanimée? Vais je revivre le même cauchemard? Je ne me contrôle plus, je n’arrive pas à me détendre. Le personnel médical pense que je pleure car je ne vais pas accoucher par voie basse…A ce moment là ce n’est pas du tout ça qui me préoccupe mais la santé de mon bébé.

Mon mari part se préparer pour le bloc. Moi on m’installe. Il fait un froid glacial. Le froid et le stress me font trembler de tout mon corps. C’est incontrôlable. J’entends le gynéco et l’anesthésiste discuter tranquillement le temps de tout préparer. Moi je suis dans un autre monde. Je pense à mon bébé, à la suite. Je revis mon premier accouchement, c’est atroce. Je revois sa naissance, l’absence de cris, l’attente interminable de 30 min le temps qu’on vienne nous donner des nouvelles. Je revois le gynéco inquiet car mon utérus ne se contractait pas et avait peur de l’hemorragie de la délivrance. Cette fois, comment va se passer cette césarienne? Je pleure, je pleure…L’anesthésiste me met un masque à oxygène et me dit de me détendre. Il me dit de respirer calmement, de bien oxygéner mon bébé. J’essaye de me concentrer, d’arrêter de pleurer. Ça fonctionne quelques minutes puis je repars en sanglots. Je me demande comment ils vont m’ouvrir le ventre tellement je bouge avec mes sanglots et je tremble…

La sage femme arrive et s’installe près de moi. Elle essaye de me faire me concentrer sur un point précis afin de me détendre. Elle me dit aussi que c’est elle qui va accueillir mon bébé et que tout va bien se passer. Je n’arrive pas à l’entendre, rien ne m’apaise.

Mon mari arrive et s’installe près de moi. Il me caresse le visage, me dit que ça va aller. Les larmes coulent toujours. J’essaye de me raisonner mais je ne maitrise plus rien.

La césarienne commence. Je sens tout mais je n’ai pas mal. C’est très désagréable. Je sens beaucoup plus que pour mon premier. Ça me parait très long. Au moment de sortir le bébé, je sens qu’on me remue dans tous les sens. Cette sensation est vraiment bizarre et très très désagréable. L’impression qu’on me retourne le ventre de l’intérieur. On me dit de pousser, je crois que je gémis tellement c’est désagréable.

Puis…un cri! Un vrai cri! Bien aigû, bien intense. Mon mari et moi éclatons littéralement en sanglots! Sanglots de joie et de soulagement cette fois. Je suis à nouveau incontrôlable. Mon bébé a crié. Elle est bien vivante et en bonne santé.

Elle part rapidement pour l’emmailloter puis très vite la sage femme vient nous la montrer. Je suis attachée et tourne la tête difficilement mais je la vois. Je la trouve magnifique. Elle est toute petite. La sage femme nous annonce qu’elle fait 2kg3 et que c’est sûrement à cause de son petit poids qu’elle ne supportait pas bien les contractions.

Je la regarde et j’ai dû mal à réaliser que c’est mon bébé.

La sage femme repart avec elle car la petite a les ailes du nez qui s’écartent, ce qui signifie qu’elle se fatigue pour respirer mais la sage femme nous rassure tout de suite en nous disant qu’elle va très bien. Mon mari part avec le bébé pendant qu’on me recoud.

Le gynéco termine et vient me voir en me disant qu’il est content que tout aille bien. Cette césarienne a été faite vraiment tôt selon lui et il a prit cette décision pour nous mais le principal c’est que tout aille bien. Ça aurait été une autre personne, il n’aurait pas pratiqué la césarienne si tôt. En moi même je suis de toute façon persuadée que ça se serait terminé en césarienne car la petite n’aurait pas supporter l’ocytocine et les ralentissements auraient été encore plus importants. Sauf que si on avait attendu, dans quel état serait elle sortie? Il me dit aussi que mon utérus est niquel, qu’on peut me faire une 3ème césarienne sans soucis. A ce moment là, il ne faut pas me reparler de césarienne…je suis franchement vaccinée car les sensations ont été très désagréables et à ce moment précis, je n’ai pas du tout envie de le revivre!

Depuis bien évidemment c’est oublié et je serais prête à recommencer!😉

On part m’amener en salle de réveil. Dans le couloir on m’arrête pour la voir. Elle est dans un berceau chauffant. Elle a des petites lunettes à oxygène. Le pédiatre vient me voir et m’explique que tout va bien. Sa saturation est bonne. Il faut juste lui insufler de l’air par le nez afin de bien ouvrir les alvéoles de ses poumons car elle se fatigue et geint.

Il me précise que si elle en a besoin plus de 6h elle devra être transférée. Transférée?! Comme mon premier dans l’hôpital de niveau 3 alors que la clinique est désormais équipée d’une unité de néonat’? C’est l’incompréhension pour moi et je m’imagine déjà être encore séparée de mon bébé…

Je pars en salle de réveil avec l’espoir qu’elle reste près de moi quand je descendrais dans ma chambre et je me dis que c’est une battante! Je me contente en me disant que mon bébé va bien et ça c’est déjà une sacrée victoire! Je bénéficie d’un tout nouveau service : les lunettes de réalité virtuelle qui me permettent de voir mon bébé en peau à peau avec mon mari et de les entendre. Le temps passe plus vite ainsi…je quitte assez rapidement la salle de réveil (au bout d’1h30 je crois). Mon ventre s’est réveillé de l’anesthésie beaucoup plus rapidement que pour mon premier. Les sensations sont revenues très vite.

J’arrive en chambre. La puéricultrice me dit que mon bébé est en néonat en peau à peau avec le papa. Ma fille va bien mais a toujours besoin des petites lunettes. Elle me dit vouloir négocier avec la sage femme qu’on me mette sur un fauteuil pour que j’aille en néonat faire du peau à peau avec ma fille si je m’en sens capable. Il faut négocier car je ne suis pas censée me lever si vite…

On m’apporte une collation et la sage femme me demande si je me sens apte après la collation à me mettre dans un fauteuil. Bien sûr que je me sens apte, je veux tellement voir mon bébé.

J’ai donc accouchée à 13h13 et levée à 16h30 pour aller voir ma fille. Franchement ça été. Douloureux bien sûr mais la motivation a dépassé tout ça.

J’arrive en néonat, on me pose ma fille en peau à peau et le miracle opéra quelques minutes plus tard. Elle n’avait plus besoin de ses petites lunettes et repirait parfaitement sans se fatiguer!

J’ai passée cette première nuit à la maternité avec mon bébé tout contre moi. Quel bonheur!

J’ai eu la chance de tomber sur du personnel formidable qui a tout fait pour que ces instants aient lieu et qui sont passé outre certaines règles. Un grand merci pour leur investissement.

Je pense à vous toutes, celles en attente, celles qui vivent des drames, et je n’oublierai jamais d’où je viens. Le combat a été difficile mais elle est bien là!

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Elle est là

Un petit passage rapide pour vous annoncer la naissance de notre puce. Elle était pressée de venir au monde car est arrivée pile à 37sa avec donc 1 mois d’avance.

L’accouchement n’a pas été idyllique, j’ai dû avoir une 2ème césarienne avec encore beaucoup de stress mais la petite va bien malgré son petit gabarit pour le terme (2,3kgs et 46 cm) et c’est le principal.

Je viendrais raconter plus tard le récit de cet accouchement.

Ça vaut le coup de se battre et de continuer à s’accrocher. Après ces 5 fausses couche, elle est à côté de moi dans son berceau et j’ai encore du mal à y croire!

Bon courage à vous toutes.

35 sa, des nouvelles et encore des rebondissements+edit

Voilà 10 semaines que je ne suis pas revenue parler de cette grossesse. Ça fait un p’tit moment que je voulais venir rédiger un article et le temps défile sans que je ne prenne le temps…

Je n’ai commencé à vivre cette grossesse qu’à partir de 3 mois alors j’ai l’impression que ça va à toute allure. Suite à mon dernier article, je n’ai pas eu de nouvel épisode avec des contractions très rapprochées. Les contractions sont toujours présentes au quotidien mais restent stables et mon col ne bouge pas.

Je suis dans le dernier trimestre avec les petits désagréments de fin de grossesse (lever 4 à 5 fois par nuit, douleurs ligamentaires, oedème…etc) mais dans l’ensemble je n’ai pas trop à me plaindre.

J’ai commencé mes cours de prépa à l’accouchement et là j’ai réalisé que cette grossesse arrivait sur sa fin alors que je ne l’ai pas vu passer. J’ai réalisé que bientôt j’aurais ce petit 2ème dans les bras. Ces cours parlant du déroulé du travail, de l’accouchement m’ont aussi renvoyé à mon premier accouchement qui s’est avéré être une vrai cata (https://monnouveaucombatpouragrandirnotrefamille.wordpress.com/2018/08/23/revenir-sur-sa-naissance/)

Et le stress de vivre un scénario similaire même si je sais que 2 accouchements ne se ressemblent pas. Ça m’a renvoyé à ces moments qui ont été si douloureux. Alors quand la sage femme m’a demandé quel serait mon accouchement idéal je suis restée sans voix car cette fois ci je ne me suis pas du tout projetée. Ça été la désillusion totale pour mon premier et rien ne s’est passé comme nos souhaits sur notre projet de naissance alors pour ce 2ème accouchement mon seul souhait est un bébé en bonne santé qui soit près de moi après l’accouchement que celui ci se fasse par voie basse ou césarienne. Ce qu’on ne veut surtout pas avec mon mari, c’est revivre des heures d’angoisse avant et après la naissance.

Alors ça fait tout drôle de reparler des différentes phases du travail, du temps que l’on peut passer à la maison, de l’aide du papa…etc et je me mets à réver d’un accouchement « normal »…

Sauf que je suis hospitalisée depuis hier soir et que rien n’annonce un accouchement classique. Dimanche je suis venue faire un monito de contrôle car depuis le samedi je n’avais quasiment pas senti bébé bouger. Le monito n’était pas parfait surtout en première partie mais ensuite le gynéco de garde a estimé que c’était ok et de mon côté j’étais rassurée car pour le coup j’avais bien senti bébé bouger. On m’a fait revenir faire un contrôle hier comme indiqué dans leur protocole. Je suis venue sereine car bébé bougeait très bien sauf que mes monitos ne sont qu’à moitié satisfaisants. Il y a une notion de score. Ce score doit être supérieur à 5,5 et chez moi il oscille entre 5,4 et 5,9. Ce qui est donc un peu limite car juste au dessus. Hier après midi, après le monito, on m’a fait une écho pour verifier que tout allait bien et l’écho est nickel. Bébé bouge bien, doppler ok…etc donc incompréhension de ces scores de monito. Vu mes antécédents ils ne veulent prendre aucun risque. Je suis donc hospitalisée depuis hier soir avec contrôles monito réguliers.

Ma gynéco est passé ce matin. Elle était plutôt rassurante. Tous les examens (prise de sang, écho) sont bons maintenant ça reste des examens et rien ne peut réellement nous dire de façon formel comment va le bébé mais je le sens bien bouger et ça c’est un bon indicateur. Dans tous les cas en terme de bénéfices/risques me faire accoucher maintenant à 35 sa ne se justifie pas. J’aurais été à 39sa forcément ils se posaient moins la question…mais là prendre le risque d’un bébé en couveuse pour un score un peu limite ne se justifie pas. Elle aimerait quand même voir des monitos un peu plus dynamiques donc encore un monito de prévu cet aprem et en fonction du résultat une sortie possible aujourd’hui et passage d’une sage femme à domicile pour 3 monitos par semaine.

Cette situation est très perturbante pour moi. Ce n’est ni blanc ni noir et j’ai l’impression de revivre l’accouchement de mon premier avec des monitos « limite ». Bon là à priori ça n’a quand même rien à voir avec les monitos de mon premier mais ce résultat mitigé est pénible et angoissant…

Je suis rentrée chez moi en catastrophe hier soir prendre quelques affaires et faire en toute vitesse une valise de maternité « au cas où » car je devais justement la préparer cette semaine mais là les choses s’accélèrent.

Voilà pour les nouvelles. Je ne sais pas vraiment ce que je souhaite. Rentrer à la maison et rester avec cette inquiétude mais en même temps laisser grossir ce bébé pour éviter la couveuse (elle est estimée tout juste dans la moyenne à 2,2kgs)? Ou avoir une césarienne dès maintenant pour la sortir et la savoir en bonne santé? De toute façon la décision ne m’appartient pas…mais j’aurais tellement aimé vivre une grossesse et un accouchement de façon plus sereine…

Edit : On m’a finalement laissé sortir hier après midi car le monito était bon. Je suis donc à la maison avec 3 monitos par semaine en prévision

25sa+3 Des nouvelles, des rebondissements…

Ça fait un p’tit moment que je ne suis pas venu donner de nouvelles. J’ai envie de garder des traces de cette grossesse mais forcément quand on a le moral et que tout va bien, l’envie d’écrire se fait moins ressentir…

Je suis arrêtée depuis plus d’un mois maintenant. Comme pour mon premier, je me suis mise à avoir des contractions sauf que cette fois encore plus tôt. Pour mon premier ça a commencé à 4 mois et demi/5 mois et là dès 4 mois les contractions ont commencé. Mes 80kms par jour pour le boulot et mon utérus très contractile n’ont pas fait bon ménage.

J’ai donc quitté le boulot un peu précipitamment car les contractions sont arrivées d’un coup. J’ai pris 2 jours pour me mettre à jour au niveau de mes dossiers et laisser la place nette pour ma remplacante. Je ne reviendrais pas travailler dans cette agence car envisageant un congé parental je serais mutée à mon retour. C’est donc le coeur un peu lourd que j’ai quitté mes collègues mais finalement on s’habitue vite à être à la maison et c’est pour la bonne cause.

Je me repose donc sans être allitée et mon corps me rappelle à l’ordre dès que j’en fais un peu trop…

L’écho du 2ème trimestre a eu lieu le 25 février et tout était parfait. Quel soulagement! La petite grandit bien et était évaluée à 400g soit dans le 25ème percentile. Nous sommes ressorti de cette écho un peu plus rassurés et en réalisant que cette fois ça a l’air vraiment bien parti! Mon col mesurait 47mm donc parfait. Là aussi j’étais rassurée que les contractions n’agissent pas sur le col.

Par contre hier grosse frayeur. Depuis 2 jours je sens que les contractions sont plus présentes. Chaque mouvement (me lever, m’accroupir…etc) me déclenche une contraction. J’ai le ventre toujours très tendu et cette sensation de balader un gros caillou. J’ai pourtant un tout petit ventre pour mes 5 mois mais déjà la sensation d’être en fin de grossesse tellement chaque geste me demande un effort et tire sur mon ventre.

Et hier soir malgré le repos, allongée sur mon canapé des contractions toutes les 3 min. Contractions douloureuses et qui duraient presque 1 minute. Spasfon, bouillote, rien n’y fait. Je commence à sérieusement m’inquiéter et j’ai l’impressio’ de revivre la MAP pour mon premier.

Je prends un bain, ça calme les contractions mais j’en ai quand même 6 en 20 min! Je décide d’appeler ma mère pour qu’elle vienne dormir à la maison pour être avec mon premier et je dis à mon mari que je préfère aller vérifier à la clinique et me rassurer.

Arrivés à la clinique on me met sous monito et bien sûr beaucoup moins de contractions et quand il y en a elles sont beaucoup moins intenses mais bon tant mieux. On me fait une écho de col. Il n’a pas bougé toujours à 47mm. Le gynéco de garde me dit que je fais partie de ces femmes qui contractent toute leur grossesse sans impact sur le col et qui accouchent finalement à terme. Je lui rappelle toutefois que j’ai failli accoucher à 33sa pour mon premier avec col raccourci à 25mm et perf en urgence pour arrêter le travail. Il me dit que oui il entend mais qu’au final j’ai accouché à terme et c’est le principal. Il est ensuite revenu après avoir vu notre dossier et a été très bienveillant. Il nous a dit qu’il venait de prendre connaissance de notre dossier et de notre passif (bb1 suite Fiv/MAP à 33sa/accouchement cata/ bb2 suite FIV et après 5FC) et du coup comprenait totalement nos inquiétudes et de ne pas hésiter à revenir si retour d’épisodes de contractions rapprochées.

J’ai eu le droit à une prise de sang, analyse d’urine et prélèvement vaginal pour écarter toute infection qui pourrait provoquer des contractions. Mais à mon sens on ne trouvera rien, j’ai un utérus hyper contractile c’est tout!

Donc repos repos encore plus. Il faut vraiment que je me discipline mais c’est pas évident. Je vois plein de choses à faire autour de moi et je dois m’empêcher d’intervenir. C’est dur aussi de voir mon mari s’activer et moi sur le canap’ mais je ne veux surtout pas me retrouver en allitement strict ni accoucher d’un préma alors je me fais violence. J’ai conscience de cette chance de pouvoir à nouveau porter la vie et c’est ce qu’il y a de plus précieux.

Je pense à vous toutes et je vous lis régulièrement même si je ne commente pas toujours. Je me réjouis des bonnes nouvelles et je suis tellement triste pour celles qui vivent des drames. Ce parcours est un combat et je vous souhaite tellement que l’issue soit belle.

Commencer à souffler…18sa+3

Mon RDV gynéco pour le 4ème mois a eu lieu il y a un peu plus d’une semaine à 17sa.

Je ne sentais toujours pas le bébé bouger.

Lorsque nous marchions sous ce porche qui nous mène aux consultations gynéco, à nouveau cette boule au ventre et cette peur de ressortir avec une terrible nouvelle mais il n’en était rien.

Nous avons revu notre mini nous qui gigotait bien et avec un beau coeur qui bat! Nous avons appris que nous attendions une petite fille.

Même si on s’en fichait du sexe, ça m’a remplit d’émotion pour mon mari. Il est l’ainé d’une fratrie de 5 garçons et il y a très peu de filles dans sa famille. Il lui paraissait totalement impossible de faire une fille. Notre premier est un p’tit gars d’ailleurs. Alors quel étonnement!

Toujours est il que de connaître le sexe de cet enfant m’a permis de réaliser que je portais bien un p’tit être. Ça a rendu concret cette grossesse que j’ai eu l’impression de survoler les premiers mois pour me protéger.

Ma gynéco m’a fait remarquer que le prochain RDV était déjà pour l’écho du 2ème trimestre. Je n’en revenais pas. Les 3 premiers mois sont tellement interminables et là j’ai le droit à une écho tous les mois. Quel bonheur!

Elle m’a dit « eh oui la prochaine fois vous aurez fait plus de la moitié de votre grossesse ». Le choc. Je n’avais pas réalisé. J’ai l’impression de vivre ma grossesse que depuis l’écho des 12sa alors déjà la moitié…

Depuis une semaine je sens des p’tits coups. C’est très léger mais clairement il n’y a plus de doute, je sens ce p’tit miracle bouger. Alors je peux enfin dire que je commence à souffler et profiter. Bon dès qu’il se passe des heures sans rien sentir, de nouveau quelques inquiétudes m’assaillent mais ça reste plus léger.

Je pense de toute façon que tant que je ne l’aurais pas dans mes bras je ne serais pas sereine. Je dois l’accepter vu notre parcours et la naissance chaotique de mon premier. Rien n’est gagné d’avance mais je veux croire en ce petit être qui s’est accroché.

Des pensées pour vous toutes.

Quand l’angoisse ne me lâche pas

Je viens de dépasser les 15sa. Je pensais être enfin un peu plus sereine après l’écho des 12sa, je pensais commencer à enfin profiter de ma grossesse.

Mais il n’en est rien, je suis rassurée les quelques heures/quelques jours qui suivent les échos puis les angoisses reviennent. L’inquiétude ne me lâche pas. Le fait de ne pas le sentir bouger m’angoisse. Qu’est ce qui me dit qu’il va bien? Qu’est ce qui me dit que le coeur bat toujours? Bref que de questions. J’ai peur qu’on m’arrache à nouveau ce petit être.

J’ai annoncé ma grossesse au boulot. Je l’ai fait car pour mon premier j’ai été arrêtée à 4 mois de grossesse et je ne veux pas m’absenter sans que ma hierarchie puisse l’anticiper et je pense aussi à mes collègues. Mais si ça ne tenait qu’à moi, je crois que j’aurais annoncé ma grossesse que le jour où je l’aurais senti bouger. C’est peut être bête mais ça aurait rendu réel cette grossesse.

Quand on parle de ma DPA ou quand des collègues l’apprennent au fur et à mesure j’ai l’impression qu’on parle de quelqu’un d’autre ou d’avoir monté un gros mensonge. C’est quand même dingue.

Je vais arriver à 4 mois de grossesse, presque la moitié du chemin et je n’arrive toujours pas à me réjouir. Je trouve ça tellement dommage de ne pas réussir à en profiter.

J’imagine que ma réaction est normale après 5 fausses couches. J’étais tellement différente pour ma première grossesse.

Cela m’attriste. J’espère réussir à souffler un peu quand je le sentirais bouger.

Prochain RDV gynéco le 28 janvier. Je compte à nouveau les jours avant de pouvoir le revoir.

Je mesure la chance que j’ai d’être arrivée là mais combien notre parcours ne nous lâche jamais. On ne fait décidément pas partie du camp des fertiles même quand on est dans le train.

Mes pensées à toutes celles en attente de protocole, en traitement, ou en DPO.

Écho T1

Le 28 décembre est enfin arrivé après 5 longues semaines sans le voir, sans savoir si son petit coeur battait toujours…Je me posais mille question et parfois me disais que peut-être tout s’était arrêté et à d’autre moment j’arrivais à faire ma vie sans trop y songer…

Les vertiges, les nausées et les seins douloureux me rappelaient sa présence. Ça me rassurait.

Les quelques jours avant l’écho ont été les pires, tellement peur que la sentence tombe et gâche cette fin d’année.

Puis nous nous sommes rendu à l’écho. Quand la gynéco a posé le gel sur mon ventre, mon coeur s’est emballé, j’avais tellement peur de regarder cet écran. Puis le soulagement. J’ai vu mon bébé qui ressemble vraiment à un bébé cette fois. C’est incroyable cette évolution en 5 semaines. On a tout de suite vu et entendu son coeur battre. J’avais envie de pleurer mais je me retenais. Un poids est parti faisant place au soulagement. J’ai le droit d’y croire cette fois. Un bébé grandit bien en moi. Je commence juste à réaliser que je suis réellement enceinte. Je réalise que jusqu’ici je refusais de me projeter, je ne lui parlais pas, je faisais comme si rien ne se passait et mon mari aussi.

Là c’est plus concret même si j’ai beaucoup de mal encore à me dire que j’abrite dans mon ventre ce bébé que j’ai vu à l’écran. J’ai très peu de ventre, malgré que ce soit une deuxième grossesse. Je pense que je l’ai enfoui pour me protéger, comme un peu un déni. Maintenant je n’ai qu’une hâte le sentir bouger pour me rassurer encore et réaliser!

Nous l’avons annoncé à mon fils de 2 ans et demi et il y a eu peu de réaction de sa part pour le moment. On verra par la suite.

Quand je regarde en arrière sur ce 2ème parcours pour avoir un bébé, jamais je n’aurais cru cela encore possible et pourtant j’ai voulu continuer à me battre et j’ai eu raison.

Après 5 fausses couches, cette grossesse a l’air bien partie et termine cette année en beauté.

Si je fais une rétrospective de l’année 2018 ben c’est plutôt bien rempli :

– 1 TEC en février qui se termine en fausse couche à 6sa

– 1 endométrite détectée en mai qui retarde la FIV

– 1 nouvelle FIV en juin qui nous donnera 3 blastos

– 1 transfert frais en juin qui se solde par une fausse couche à 7sa qui nécessitera un curetage en août

– 1 TEC en octobre qui nous donne cet espoir d’un bébé pour 2019

Je respire pour un temps mais je sais que rien n’est jamais gagné d’avance. Alors jour après jour j’avance.

Je sais combien nos parcours sont difficiles et douloureux et je souhaite tellement que chacune d’entre nous connaisse cette joie de devenir maman. Je sais combien ces fêtes de fin d’année sont cruelles pour toutes celles qui ont encore le ventre vide.

J’ai envie de dire accrochez vous mais quand on est en parcours ce mot nous énerve alors je vous souhaite tout simplement encore beaucoup de courage pour tous ces moments à affronter!