Le transfert

Le transfert de notre J5 a eu lieu samedi dernier.

Nous avons eu deux coups de chaud le jour du transfert.

Le transfert devait avoir lieu à 10h30 donc comme à chaque fois, nous appelons le labo pour avoir confirmation. Mon chéri s’en charge donc et les appelle à 8h30 et ok transfert confirmé. Ouuuf! A chaque fois je stresse et j’ai peur que le brybry ne résiste pas à la décongélation. Sauf que 15 min plus tard je vois un appel du labo sur mon téléphone. Mon sang ne fait qu’un tour je me dis qu’il y a un problème. Et en fait c’est le biologiste qui m’appelle pour me confirmer le transfert à 10h30. En fait lui et la secrétaire n’ont pas communiqué et pour les transfert le samedi, c’est le labo qui nous appelle…Bref gros ouf de soulagement!

Nous prenons donc la route après avoir déposé notre fils chez mamie et arrivons avec 10 min de retard. Le biologiste et le gynéco nous attendaient. On part direct en salle de transfert. Je m’installe et là le biologiste habituellement plutôt assez froid et cadencé par son job nous montre le brybry à l’écran et s’exclame : « Oh il s’est rétracté »! Imaginez la scène. Moi en position gynéco, le biologiste qui nous sort ça et mon gygy qui est étonné aussi. Donc moment de panique, je me dis c’est foutu, que se passe t’il? Donc on leur pose la question et en fait leur réponse a été :  » non c’est super, il vit et ça se voit! Un embryon se rétracte et reprend toute la place dans sa coquille avant d’éclore, il y a 10 min il était tout étalé lors de l’observation et là il est tout rétracté, c’est rare d’assister à cela et de le voir ». Re ouuuufff de soulagement!! Et leur enthousiasme à tous les 2 faisait vraiment plaisir à voir!

L’embryon était donc sensé éclore et aller s’accrocher très rapidement après le transfert! J’espère que c’est le cas et s’il est accroché, que ce soit pas seulement pour quelques semaines…

Ya plus qu’à attendre. PDS prévue lundi 29 mais en testeuse compulsive que je suis, j’envisage de tester vendredi à 11dpo comme pour tous les transferts que j’ai eu.

On verra…advienne que pourra, je ne maitrise rien de toute façon!

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TEC : c’est parti

Hier j’avais mon écho pour vérifier la taille de l’endomètre avant transfert.

Endo triple feuillet à 8,5mm.

Je suis sortie du RDV à 18h30 et je m’attendais à un appel aujourd’hui pour démarrage progestérone demain et transfert lundi 22 vu que c’est un J5. C’est le 3ème TEC alors je pensais maîtriser le sujet du timing…

Mais non! La secrétaire du gynéco de Nantes (mon centre PMA) m’appelle hier soir à 19h pour me dire de commencer la progestérone tout de suite pour un transfert samedi. Ça m’a perturbée. J’ai trouvé ça rapide cette fois du coup! Et je me pose des questions…Normalement le J5 qui va être décongelé la veille soit le vendredi soir sera un J6 le samedi non? Et moi du coup je ne serais qu’à 5 jours de progestérone. Je ne sais pas si ça compte vraiment ou pas…mais les autres fois j’avais 5 jours plein de progestérone avant le transfert alors ça me perturbe!

Je veux toujours tout maîtriser et là je ne maitrise rien, je dois juste faire confiance et j’ai beaucoup de mal! Du coup ça rajoute du stress à ce TEC qui m’angoisse ou plutôt à la suite qui m’angoisse…Je me sens hyper anxieuse. Je sais que ça ne changera pas la suite mais j’appréhende tellement de revivre les montagnes russes émotionnelles!

Bon en plus hier dans la salle d’attente, un couple avant moi et des femmes enceintes (bien-sûr!). Mais elle, elle n’avait pas l’air enceinte et c’était le seul couple alors forcément je me demande toujours si c’est un couple en PMA…Leur tour arrive, elle sert fort la main de son homme et partent avec la gynéco. Je la vois revenir au secrétariat les yeux remplis de larmes et j’entends la gynéco lui dire « à jeun dès ce soir, vous rentrez demain matin et le curetage aura lieu dans la journée avec le gyneco de garde » puis au moment de payer, la femme demande si le 100% fonctionne et la gynéco qui lui explique que le 100% ne fonctionne pas dans le cadre d’un début de grossesse…Là la femme s’effondre…Mon coeur s’est retourné. Je me suis revue en juillet quand on a appris que le coeur ne battait pas et que je me retenais de pleurer au moment de payer pour m’effondrer dans les bras de mon mari dehors…Bref je me suis prise en pleine figure toutes ces émotions et je n’ai pas envie de revivre ça.

J’ai une boule au ventre et ce transfert qui s’accélère…j’espère qu’on ne se plante pas sur la date, j’espère que l’endomètre a la bonne taille, j’espère qu’il va résister à la décongélation, bref j’espère…

Il faut que je lâche prise je le sais…

Donc go pour un transfert samedi!

Et c’est reparti!

J1 est là depuis mercredi. J’ai dû refaire une hystéroscopie et une biopsie d’endomètre sur mon cycle de septembre. Si tout était ok j’avais le feu vert de mon gynéco de Nantes pour lancer un TEC sur octobre.

Hystéroscopie RAS et biopsie d’endomètre revenue négative : l’endométrite n’a pas refait surface donc c’est reparti pour un tour!

Je suis à la fois excitée de m’y remettre, d’être de nouveau dans l’action et en même temps terriblement flippée à l’idée de revivre les montagnes russes des taux lors de prises de sang, l’angoisse de l’écho et bien sûr de la fausse couche.

Ces 2 derniers mois après le curetage m’ont fait du bien. Plus de question, plus d’angoisse, vivre normalement…et là je sais que je repars dans une période difficile et je ne sais pas si j’arriverais à tenir le coup en cas de nouvelle FC!

L’autre fois, lors de ma nouvelle FIV avec transfert frais, je ne l’ai pas vécu de la même façon car je pensais qu’on avait enfin trouvé l’origine de mes FC avec l’endométrite. J’étais donc plus positive en me disant qu’il n’y avait plus de raison de faire une FC. Bien évidemment je n’étais pas sereine pour autant mais ce n’était pas pareil. Là j’ai l’impression de jouer à la loterie. Va t’on tomber sur le bon cette fois? Sur celui qui s’accrochera 9 mois?

Vous allez peut-être trouver que j’anticipe bcp sans même savoir si notre pingouin va s’accrocher mais en fait j’ai toujours eu une accroche de mes embryons. Jamais de test négatif dans ce cadre (en tant que pmette je sais que j’ai bcp de chance là dessus mais la suite est moins sympa…)

– FIV 1 transfert d’1 embryon frais : positif et 9 mois plus tard la naissance de mon fils

– TEC 1 de FIV 1 : test positif mais très faible puis PDS à 9ui. grossesse biochimique

– TEC 2 de FIV 1 : positif et FC à 6sa

– FIV 2 transfert d’1 embryon frais : positif. 1 embryon à l’écho des 7sa mais pas d’activité cardiaque. Curetage à 9sa.

Sans compter 2 FC très précoces sur 2 grossesses naturelles il y a plus d’un an maintenant.

Alors que me réserve ce TEC?

Je ne sais pas et personne ne le sait mais j’ai tellement peur…

Echo prévue le 15/10 pour vérifier l’épaisseur de l’endomètre et je pense un transfert vers le 21/22 puisque c’est un J5.

La suite, on ne la connait pas!

Bon courage à toutes celles qui ont aussi fait leur rentrée de pmette!

Boulot et PMA

Je travaille dans une grosse entreprise avec un métier face à la clientèle et donc des RDV.

Jusqu’ici j’ai toujours plus ou moins réussi à gérer mes absences liées à la PMA en ayant la complicité de ma N+1 car niveau organisation, arrêt de travail… J’ai donc sa complicité et sa discrétion.

Pour mon premier enfant, ma N+2 était également au courant de mon parcours, ça facilitait les choses.

Pour mon 2ème parcours, je ne voulais pas « alerter la terre entière » et être un peu comme tout le monde c’est à dire annoncer lors des 3 mois. Je voulais être « normale » pour une fois.

Mais le parcours se compliquant et ma N+1 (pas au courant à ce moment là) m’annoncant lors de mon évaluation de décembre, qu’il fallait qu’on parle de mon évolution, ma perspective de carrière…etc j’ai craquée et je me suis confiée car je ne pouvais pas faire semblant et l’imaginer faire des projections pour les mois à venir.

Elle a pleurée avec moi, c’était dingue mais je l’ai fait pleurer qd j’ai relaté mes 3 fausses couches en qques mois, mon parcours etc…et elle a halluciné de tout ce que je vivais sans jamais rien montrer au travail. Elle n’en revenait pas! C’est vrai que j’ai cette chance de réussir à dissocier ma vie perso et ma vie pro en faisant totalement obstruction de mes soucis quand je suis avec mes clients ou mes collègues. Attention je ne suis pas sur humaine, quand une collègue m’a annoncée sa grossesse quand je vivais mon 5ème échec d’insémination, je suis allée pleurer dans les toilettes. Même chose quand je dois recevoir une cliente enceinte…

Mais j’arrive à continuer de m’investir dans mon boulot et à être agréable avec mes collègues. Je crois qu’en fait de me plonger dans le boulot m’évite justement de trop penser à mes pbs et ça me sauve.

Bref tout ça pour dire qu’elle a hallucinée et que je n’ai pas regretté de lui en avoir parlé.

D’autant plus que sa fille s’est lancé dans un parcours de don d’ovocyte pour aider une copine. Elle a finalement tout stopper car n’ayant pas encore d’enfant elle même, psychologiquement elle n’a pas pu aller au bout. Mais sa mère, ma N+1 connait donc un peu le sujet de la PMA.

Donc jusqu’ici on se débrouillait. Si je devais m’absenter une h elle me laissait et par contre pour des RDV sur Nantes (à 1h30 de route de mon travail) dans ce cas je posais des RTT.

Sauf qu’avec ces 5 FC en 1 an, ces 2 TEC, la FIV, les hystéroscopies ben j’arrive à cours de congés…

J’ai donc décidé à contre coeur mais tanpis, de faire valoir la loi pour les absences dans le cadre de la PMA. Et pour cela j’ai donc dû prévenir ma DRH…

Je l’ai donc appelée, elle ne connaissait pas cette loi! Et après avoir évoqué le fait d’être en parcours PMA, j’ai eu le droit à la merveilleuse RALC :  » vous savez il ne faut pas trop se mettre la pression, ma meilleure amie a tout abandonné après 4 échecs de FIV et le mois d’après elle était enceinte! Comme quoi…le psychologique joue aussi »

Je bouillait au téléphone, j’aurais tellement voulu l’envoyer ch…. mais c’est ma DRH.

Comment peut elle oser ce genre de reflexion alors qu’elle ne connait même pas nos pbs? Et les 5FC c’est aussi parce que je me mets trop la pression? Elle m’a mise hors de moi…Je n’en peux plus de ces personnes qui osent ce genre de réflexion! On se confie sur qq chose de très intime et plutôt que d’écouter et se taire, il faut toujours qu’on se prenne ces RALC.

Bon tjs est il qu’elle s’est renseignée et que bien-sûr j’ai le droit de m’absenter pour mes RDV liés à la PMA en fournissant un certificat médical à chaque fois…

Donc c’est fait, plus besoin de poser de RTT et par contre ben pour le moment j’oublie mon évolution de carrière… Mais tant pis on fait des choix dans la vie, et ma priorité n’est pas mon boulot pour le moment!

Ce désir si fort…

Je ne veux blesser personne au travers de cet article car je sais que beaucoup de pmettes voudraient déjà être à ma place.

Lorsque j’étais en parcours pour mon premier enfant, je souffrais terriblement de ce manque d’enfant. C’était même difficile à expliquer pour moi tellement cette souffrance était profonde et venait de mes tripes.

Je ne supportais plus voir des femmes enceintes, des familles etc comme la plupart des pmettes.

J’avais tellement peur de me retrouver sans aucun enfant et j’imaginais déjà ma vie si triste… je me disais au moins un enfant, ne serait ce qu’un même si au plus profond de moi j’ai toujours rêvé d’une famille de 2 ou 3 enfants.

Je viens d’une fratrie de 4 et mon mari de 5, l’enfant unique n’est donc pas du tout dans nos têtes mais quand on passe par ce parcours, on apprend à réduire nos exigences et ne serait ce qu’un serait déjà merveilleux!

Puis mon fils est né…j’étais comblée. Plus de souffrance, jalousie à voir des femmes enceintes et des familles. A vrai dire je ne voyais même plus les femmes enceintes ou alors les gens ont arrêté de procréer! Lol J’avais surtout perdu mon détecteur je crois car j’étais moi même maman!

J’acceptais plus facilement les annonces. J’avais tjs ce p’tit pic à chaque annonce (pmette un jour/pmette toujours je crois) mais plus de souffrance ou de colère démesurée.

J’ai bien évidemment assez rapidement pensé au p’tit 2ème vu la difficulté pour avoir le premier. Mais je gardais ce traumatisme de mon accouchement et ne me sentais pas prête.

1 an plus tard je me suis retrouvée enceinte naturellement. Je ne m’y attendais pas du tout et j’accueillais cette nouvelle avec plaisir en me projetant. Je n’avais même pas eu le temps de désirer ardemment ce petit 2ème qu’il s’était invité tout seul. Pas de souffrance, pas d’attente, juste une surprise. Malheureusement ça s’est terminé en fausse couche.

On envisageait de reprendre RDV en PMA pour un TEC mais là avec cette grossesse surprise qui m’avait fait me projeter, le désir d’un 2ème était bien là. Pas de souffrance de l’attente, j’étais juste contente de me relancer et d’avancer après cette fausse couche.

Je me disais que cette fois (naïveté bonjour!) ça allait être plus simple! Ben oui 2 embryons congelés et si aucun des 2 ne s’accroche, on refait une FIV. Tout cela va aller assez vite! C’était sans compter sur 5 fausses couches en 1 an! Et des délais qui s’allongent avec les examens, les retours de couche à attendre…etc

Depuis ma 4ème fausse couche, ce désir d’enfant est devenu vraiment plus fort et les souffrances refont leur apparition. Alors bien-sûr ce 2ème parcours n’a rien à voir avec le premier. La souffrance n’est pas la même. J’ai le bonheur, quand je suis triste de serrer mon fils dans mes bras et de me dire « j’en ai déjà un » mais pour autant ce désir est profond, dans mes tripes. Il me manque quelque chose!

Je me mets à nouveau à voir des femmes enceintes partout, à envier les familles avec 2 enfants…

Quand je suis allée faire une nouvelle FIV en juin après nos 2 TEC suivis d’une fausse couche, je me suis retrouvée en chambre avec une femme qui faisait sa première FIV pour avoir un premier et avait déjà un parcours bien long. Quand ce couple nous a demandé à nous si c’etait notre première FIV, je me sentais presque mal de dire qu’on avait déjà un enfant et qu’on essayait pour un 2ème. Je savais tellement ce qu’ils pouvaient penser au fond d’eux! Car pour ma première FIV C’était situation inverse. Nous étions avec un couple qui en refaisait une pour un 2ème enfant et à l’époque je me disais qu’il devait l’appréhender de façon très cool car « eux au moins ils ont un enfant alors que moi je n’en aurais peut-être jamais » et du coup je les enviais…

Alors pour ma 2ème FIV, se retrouver dans la situation inverse m’a fait vraiment bizarre. C’était nous les chanceux cette fois! Cette femme venue pour une premiere FIV m’a d’ailleurs dit qu’on était bien courageux de refaire tout ça pour un 2ème car elle ne sait pas si elle aurait la force. Avoir un enfant était déjà son premier objectif et si elle l’atteint elle ne pense pas relancer le parcours.

Je lui ai donc dis que ce n’était pas du courage mais juste ce désir très fort et incontrôlable de vouloir à nouveau être mère mais je comprenais son discours…

Au moins un enfant devait elle se dire…

Mais ce nouveau désir est bien là alors peut-être que je devrais faire le deuil de ce p’tit deuxième mais aujourd’hui je ne suis pas prête et je veux encore me battre pour donner un petit frère ou une petite soeur à mon fils!

La rencontre et la néonat’

Je ne pensais pas raconter cette naissance sur 3 articles mais je me rends compte que j’en avais des choses à dire et maintenant que j’ai commencé autant enchaîner.

Le lendemain de sa naissance, j’ai pu être transférée dans l’hôpital où il avait été admis, j’étais au plus près de lui et ça c’était merveilleux! Il n’y avait plus que 2 étages qui nous séparaient…

Je suis donc arrivée à l’hôpital et une sage femme m’a amenée en fauteuil roulant au service néonat. Mon mari y était déjà, il m’attendait. J’étais impatiente et stressée. J’étais aussi très angoissée car je ne me sentais pas mère. J’avais la sensation qu’on m’avait arraché mon bébé mais je ne me sentais pas maman. C’était très étrange. Les photos que mon mari m’avaient montré la veille avec mon fils dans sa couveuse, c’est comme s’il me montrait le bébé de quelqu’un d’autre…J’avais peur de ne pas réaliser. Peut être qu’en le voyant ça changerait tout.

J’avais aussi peur de la réanimation, la couveuse, les tubes comment allais je réagir?

Et puis je suis entrée dans cette salle toute sombre (il y a un très peu de lumière en réa car les bébés y sont très sensibles et il faut les laisser dans leur cocon comme ds le ventre de la mère), il y avait plusieurs couveuses, 4 je crois avec des machines, des écrans, des « bip bip » et puis la couveuse avec le prénom de mon fils. Une couverture dessus (tjs pour protéger de la lumière) et mon mari à côté.

Et là je découvre ce petit être allongé, intubé et relié à une machine. Une sonde dans le nez pour la nourriture et un cathéter au nombril. Il était très gonflé, il a fait de l’oedème à cause de l’infection. Et là les larmes qui coulent, qui coulent, de voir ce petit être dans sa couveuse relié à toute cette aide médicale. Je lui ai pris la main, lui ai parlé et il a réagit à ma voix. Quel bonheur! C’était mon fils, celui que j’avais tant attendu. J’aurais tellement voulu le serrer dans mes bras!

Nous avons été reçus par la pédiatre. Elle nous a expliqué qu’il avait une grosse infection. Il a attrapé un germe sûrement suite à la rupture de la poche des eaux. Ils cherchent à identifier le germe (prise de sang, ponction lombaire) mais svt on ne retrouve pas. Du coup antibiotherapie et on l’aide pour respirer car il est sonné par l’infection.

Je me souviens lui avoir demandé si son pronostic vital était engagé et elle nous a rassuré en nous disant que non. Quel soulagement! Mon mari lui a demandé si on pourrait le prendre, le sortir de la couveuse…et là elle nous a dit que oui au contraire il le fallait, qu’il en avait besoin malgré les tuyaux. Là j’ai vu les larmes couler sur les joues de mon mari…

Nous sommes donc reparti auprès de la couveuse et j’ai pu le prendre dans mes bras. Ce n’était pas simple avec les tuyaux, moi en fauteuil avec tjs ce ventre très sensible.

Le personnel soignant a débranché qques secondes un des tuyaux, je ne saurais dire lequel, pour pouvoir m’amener mon fils dans les bras et là l’horreur, je l’ai vu tourner de l’oeil et partir, j’ai cru qu’il mourrait dans mes bras! On lui a vite mis un masque à oxygène et il est revenu à lui! Mais quel choc pour moi. Je ne voulais plus le prendre dans mes bras si c’était pour lui faire du mal! Il est resté dans mes bras de longues minutes, peut être une heure ou même 2 je ne sais plus, il était paisible. J’avais dû mal à réaliser que c’était mon fils. J’étais enfin maman.

Nous l’avons remis dans sa couveuse et je suis repartie dans ma chambre, le coeur triste sans mon bébé mais heureuse qu’il soit en vie.

S’est enchaîné plusieurs jours de la sorte. Je tirais mon lait pour le nourrir. Je voulais allaiter à la base mais là c’était de toute façon une évidence. Je devais lui donner le meilleur pour qu’il se batte! Je tirais mon lait dans ma chambre mais également dans une salle mise à notre disposition pour cela en néonat. J’étais fière des qques ml qui sortaient. C’était rien mais tellement important pour moi. Il a été extubé au bout de 48h et on m’a proposé une mise au sein.

Je n’en revenais pas! Quel bonheur d’avoir mon bébé sur mon sein que je puisse nourrir. Bien évidemment au début il ne savait pas téter et manquait de force ms petit à petit on a avancé. Il est passé de la réa aux soins intensifs. On a pu enlever la sonde pour que je l’allaite exclusivement. Il a ensuite eu des pbs de saturation donc avait des lunettes à oxygène.

Il y a eu des hauts, des bas, des découragements, des larmes de joie et de tristesse mais au bout de 11 jours de néonat il descendait en chambre avec moi. Quelle victoire!

Et 15 jours après sa naissance nous sommes rentrés à la maison tous les 3!

Petit à petit, nous avons pris confiance et les inquiétudes se sont apaisées. Les blessures liées à cette naissance s’apaisent au fur et à mesure des mois. Je réalise que la grossesse est un miracle mais que rien n’est gagné jusqu’au bout, la naissance est aussi un miracle.

Quand je vois mon fils, qui aujourd’hui est en pleine forme, plein de vie, plein d’énergie, je réalise cette chance d’être sa maman et combien on a failli le perdre de peu.

La PMA est un combat, la grossesse est un combat, la naissance est un combat!

Je n’oublie pas à quel point la vie est précieuse et que rien n’est gagné d’avance.

Revenir sur sa naissance

À partir de 37sa, j’ai donc tout fait pour accoucher : grand ménage, lavage de vitres, grandes balades…etc et mis à part me donner de faux travails et mal au dos, je crois bien que notre mini-nous voulait finalement rester au chaud!

On ne décidé de rien de tte façon…

Pour le coup tout était prêt à la maison pour l’accueillir, notre projet de naissance était rédigé (je souhaitais tenter un accouchement le plus naturel possible en évitant si possible la péridurale, éviter l’episiotomie, laisser mon corps oeuvrer…etc).

Un soir, à 39sa, comme tous les jours, nous sommes allés nous promener à la plage (j’ai la chance d’habiter en Bretagne en bord de mer), mais très vite j’ai dû stopper la marche car mon ventre était très dur. Nous sommes allés manger dans une crêperie et avons passés une bonne soirée en rêvant à l’arrivée prochaine de notre fils.

Nous nous sommes couchés vers minuit et là j’ai senti un liquide chaud couler! Je me suis dis que c’était bizarre…je me suis donc levée et là ça coulait, ça coulait…J’ai dis à mon chéri, je crois que c’est enfin le moment! Je pense avoir rompu la poche des eaux.

J’ai donc prit le tps de prendre une douche, prendre nos dernières affaires et nous sommes partis vers la clinique. J’étais joyeuse et sereine, cette fois J’étais prête à accoucher!

Arrivée à la clinique, on m’a mise sous monito et on nous a confirmé que j’avais bien rompu. Vu ce qui coulait je n’en doutais plus!

Lors de la prise de sang faite pas l’infirmière, le coeur du bébé à fortement ralenti et ces secondes ont paru une éternité. L’infirmière a regardé le monito mais est restée silencieuse. Mon chéri m’a dit que je m’inquiétais pour rien que que c’était normal que le coeur fluctue. J’étais très perplexe…et je n’avais pas tort. L’infirmière a prévenue la sage femme qui est venu nous voir tt de suite, a regardé le monito et m’a dit qu’on allait surveiller et en faire un toutes les heures vu le ralentissement qui avait eu lieu.

Toutes les h je me rendais donc de ma chambre à la salle d’accouchement pour un monito. J’apprendrais plus tard que le service était débordé, qu’il y avait plein d’accouchement et du coup les sages femmes n’avaient pas le tps de venir me mettre le monito dans la chambre. C’est pourquoi toute la nuit j’ai fait des allers et venus dans les couloirs de la clinique.

C’était pas de tout repos et mis à part qques contractions un peu douloureuses, le travail ne se mettait pas en marche et mon col n’était qu’à 3 cm (Sachant que j’étais déjà à 2cm depuis 33sa suite à ma MAP).

Le lendemain matin, changement d’équipe. Je tombe sur une sage femme assez âgée et très « rentre dedans ». Elle m’annonce la couleur direct « bon à midi si tjs rien au niveau du travail, c’est perf d’antibio car la poche sera rompue depuis 12h et si votre bébé continue à être si calme, on déclenche l’accouchement ». On oublie donc la salle nature, l’accouchement au naturel…etc

Elle me dit d’aller ds ma chambre prendre un p’tit déjeuner avec bcp de sucre pour réveiller le bébé et de revenir faire un monito car elle n’aime pas le monito.

Elle n’a pas de tact mais au moins c’est du direct. Je commence à me dire que les choses ne vont pas si bien que ça. C’est vrai que bébé ne bouge pas trop…et moi je pensais qu’un monito stable c’était bien mais en fait non!

Je commence à penser à l’accouchement de ma soeur qui s’est terminé en césarienne d’urgence, bébé en souffrance, liquide teinté…etc et là je m’inquiète pour mon propre accouchement…

Je prends mon p’tit déj avec bcp de sucre et retourne en salle d’accouchement pr le monito. Et tjs rien…bébé dort tjs…

Donc là décision du gynéco, on déclenche et perf d’antibio en même temps.

Malgré le déclenchement et des contractions qui commencent à être très douloureuses, le col ne bouge pas!

On augmente la dose et là plus de répit entre les contractions, je m’accroche aux barreaux du lit et supplie pour avoir la péridurale. L’anesthésiste est arrivé peu de tps après et ça m’a pourtant paru une éternité…

A ce moment là la question de la césarienne commençait à se faire sentir car l’anesthésiste ne voulait pas poser de péri et préférait une rachi direct si césarienne. Le gynéco lui a répondu  » pour l’instant on continue voie basse donc péri ».

Et quel bonheur, quel soulagement, quelle détente cette péridurale! Le meilleur moment de cette journée. Enfin je soufflais et pouvais me reposer un peu. Sauf qu’à chaque contraction le coeur du bébé ralentissait et c’était la panique pour moi!

Le gynéco ne s’en inquiétait pas trop et me disait que ça devait être un cordon un peu serré autour du cou mais rien de grave on pouvait continuer voie basse mais le col devait s’ouvrir!

C’était la panique ds le service, des accouchements voie basse, des césariennes en cours, le gynéco qui ouvrait la porte de la salle pour regarder le monito toutes les 10 min!

Et la sage femme tjs aussi froide…

D’un coup la panique, le gynéco ouvre une fois de plus la porte, regarde le monito et dit « on part en césarienne, préparez là » et il referme la porte…

La césarienne ne me faisait pas peur. Au contraire je me disais que j’allais enfin rencontrer mon bébé, que ce monito qui me stressait allait enfin s’arrêter. Je pensais à mon bébé avant tout alors tanpis pour le projet de naissance…

Par contre ce qui nous a surpris et perturbés c’est ce changement de décision si radicale du gynéco (on apprendra plus tard, que les ralentissements cardiaques étaient de plus en plus fréquents et que bébé ne supportait pas les contractions, donc le gynéco a tranché).

On m’a donc préparé (sonde urinaire…etc) et je suis partie au bloc. Mon mari avait le droit d’y assister et se préparait à côté.

J’ai eu un moment de panique au bloc, là je réalisais qu’on allait m’ouvrir le ventre et j’avais peur de sentir, et cette ambiance si bizarre de ces blocs…et je voyais pas mon mari.

Il est enfin arrivé (j’apprendrais plus tard qu’on a eu bcp de chances qu’il soit présent car c’était une césarienne en urgence et je suis passée devant un autre femme).

La césarienne commence, le bébé sort, je vois un pied passer et l’équipe soignante part avec lui. Je ne l’ai pas entendu crier…la panique! Ça va durer 30 min sans aucune nouvelle. Le cauchemard, l’horreur. Je suis attachée sur cette table, on me recoud, je ne vois pas, je n’entends pas mon bébé et je vois cette horloge avec les minutes qui défilent. Les larmes coulent, je dis à mon mari que ce n’est pas normal, il y a un pb avec le bébé. On demande au gynéco qui nous répond : « je m’occupe de vous recoudre, une équipe est avec votre bébé, je ne sais pas ».

Là je sens que ça ne va pas pour moi non plus. Je sens la panique du gynéco et je l’entends dire à la sage femme « vous avez mis la perf, l’utérus ne se rétracte pas ». Là je me vois faire une hémorragie de la délivrance et j’ai l’impression d’être dans un cauchemard. Le gynéco appuie sans cesse sur mon ventre, je sens mais je n’ai pas mal j’ai tjs les effets de l’anesthésie. Il appuie une dizaine de fois et enfin l’utérus se rétracte. Quelle panique!

Une femme rentre dans le bloc après 30 min interminables. Elle s’approche de nous et nous dit « ça va, votre bébé a mis du tps mais est revenu, la pédiatre vient vous parler ». Là de nouveau la panique, je sais que c’est pas bon signe.

La pédiatre arrive et nous dit qu’il est né en état de mort apparente. C’était totalement inattendu. Ils ont dû le réanimer, ça a prit du temps mais il respire. Il est par contre intubé et on doit le transférer à l’hôpital qui est une maternité de niveau 3 car la clinique n’est pas équipé de service de néonat.

On m’amène en salle de réveil. Dans le couloir on arrête mon lit devant la salle où mon bébé a été réanimé. Je le vois de loin avec des tuyaux partout. Le choque!

Mon mari reste avec lui et je pars en larmes.

Je pleure, je pleure, je pleure. Soudain un amie qui travaille à la clinique et est auxilliaire de puériculture (ne travaillait pas ce jour là mais suivait tout par texto et était passé avt que je parte au bloc) arrive me voir et me dit qu’on va venir me montrer mon bébé avant qu’il parte dans l’autre maternité.

C’est donc le SAMU venu le chercher qui m’amène la couveuse près du lit en salle de réveil.

Je découvre alors un bébé les cheveux tout noirs et des grands yeux noirs qui regarde le plafond de sa couveuse et est bien réveillé. Il est intubé mais parait paisible. C’est un beau gabarit (3kg7)!Cette image de lui restera gravée à jamais.

Je l’ai vu 5 min…et il repart. Je remercie tellement cette amie qui a permit cela car c’est elle qui a exigé que la maman voit au moins son bébé!

Ensuite ben j’ai continué de pleurer entrecoupé de l’infirmière qui venait appuyer sur mon ventre ttes les 30 min et vérifier les saignements (le gynéco lui avait dit d’être très vigilente vu la frayeur du bloc).

On m’a descendu dans ma chambre. J’étais seule, sans mari, sans bébé, le ventre vide! J’avais l’impression d’avoir été opérée mais certainement pas avoir accouchée!

Et j’avais très mal au ventre…je ne pensais pas qu’une césarienne était si douloureuse.

Ma soeur et ma mère sont arrivées très vite et sont restées avec moi tte la soirée. Quel bonheur d’être entourée de gens que j’aime et qui m’aime. Je suis très proche de ma famille et ils ont tjs été un soutien sans faille pdt ttes ces années de PMA.

Mon mari était avec notre bébé. Je n’avais pas de nouvelles mais la pédiatre en salle de réveil m’avait dit qu’il allait bien, que l’intubation serait certainement retirée à l’arrivée dans l’hôpital et qu’on me le ramènerait certainement le lendemain…

Je souffrais tjs bcp et ma cicatrice saignait. On m’a mis un sac de sable sur le ventre pour stopper les saignements. L’horreur! Le gyneco est repassé voir la cicatrice. J’avais la trouille de retourner au bloc et cette journée cauchemardesque n’en finissait pas!

Le gynéco m’a finalement rassurée en disant que des points saignaient car il avait dû appuyer énormément sur le ventre pour que l’utérus se rétracte et ça a créé des saignements de certains points. Ouf!

Il m’a aussi donné des nouvelles et des explications. Il ne s’attendait pas du tout à sortir un bébé dans cet état. Le monito n’était certes pas parfait mais bien loin de donner un bébé en état de mort apparente. Ca été l’incompréhension. Et c’est aussi pr ça qu’il a fortement hésité pour la césarienne car le monito ne montrait pas de contre indication pour la voie basse. Ce qui l’a décidé c’est mon col qui ne bougeait pas et un travail trop long pour un bébé qui se fatiguait.

Je ne sais pas si mon fils serait aujourd’hui en vie si j’etais partie en voie basse…

Il m’a aussi appris qu’en fait mon fils avait chopé une infection car ils ont prélevé du sang sur le cordon et la CRP (marqueur d’infection) était très très haute. D’où son état à la naissance…

Mon mari m’a rejoint vers 22h et m’a expliqué qu’à l’hôpital ils avaient extubé notre bébé pensant qu’il allait mieux mais qu’il s’était à nouveau enfoncé et ils ont dû le réintuber. Il était en réa néonatale. Là j’ai compris que mon fils ne me rejoindrait pas tout de suite…